De la Déclaration Schuman de 1950 à l’ambition d’une autonomie stratégique moderne, le projet européen n’a cessé d’évoluer. Alors que les crises se succèdent, retour sur l’histoire, les valeurs et les droits fondamentaux qui font de l’Union européenne un espace de dialogue et de solidarité unique au monde.
Ces derniers temps, on entend parler de l’Union européenne partout : fonds européens, élargissements possibles, accords internationaux… Mais connaît-on vraiment ce qu’est l’Union européenne et ses origines ? En bref, il faut remonter au 9 mai 1950 quand le ministre des Affaires étrangères français, Robert Schuman, a tenu un discours historique : la Déclaration Schuman. C’est à travers elle que Schuman a proposé la création d’une communauté internationale qui, à l’époque, s’est appelée « Autorité Commune », et qui aurait la responsabilité de mettre en commun la production de charbon et d’acier des États membres. C’est pour cette raison qu’on fête la Journée de l’Europe le 9 mai de chaque année.
Dans un premier temps, la proposition française s’adressait spécifiquement à l’Allemagne, étant donné le contexte de guerre entre les deux pays pendant les années précédentes. Deux années plus tard, le Traité de Paris constituera officiellement telle Autorité Commune, connu sous le nomme de « Communauté européenne du charbon et de l’acier », dont feront partie les six États fondateurs de l’actuelle UE : la France, l’Allemagne, l’Italie et les trois pays du Benelux, (la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg) qui entretenaient déjà des liens économiques étroits.
Pendant les années suivantes, l’engagement européen s’est intensifié, donnant lieu à la création de deux autres communautés en 1957 : la Communauté économique européen (CEE) et la Communauté européen de l’énergie atomique (Euratom). Ce n’est qu’en 1967 que le Traité de fusion les rassemblera pour devenir finalement les Communautés européennes. Fruit du succès de ce projet, des autres pays s’y sont intéressés, et en 1973, a eu lieu le premier élargissement avec l’adhésion du Royaume-Uni, de l’Irlande et du Danemark.
Un peu plus tard, dans les années 80, ce fut au tour de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne de devenir membres. Le développement de l’organisation a intégré des nouvelles préoccupations telles que l’éducation – en 1987 est né le Programme Erasmus- ou la citoyenneté. En effet, grâce au Traité de Maastricht, signé en 1992, l’organisation a connu un essor majeur : d’une part, elle a pros le d’ « Union européenne » et d’autre part, la citoyenneté européenne est née.
Qu’est-ce que cela veut dire exactement ? En fait, la citoyenneté européenne constitue un ensemble des droits à toute personne ayant la nationalité d’un pays membre. Il en ressort que certains droits fondamentaux doivent être respectés au sein de toute l’UE. Par exemple, tous les européens jouissent de la liberté de mouvement et de résidence sur tout le territoire de l’Union. De même, nous avons le droit d’élire les députés au Parlement européen ou de voter aux élections municipales si l’on réside dans un pays membre autre que le nôtre. Enfin, il est primordial de rappeler que les citoyens bénéficient de la protection diplomatique des autorités des autres états membres lorsque leur propre État n’a pas de représentation dans un pays tiers.
Cet essor des droits et des revenues économiques a attiré d’autres pays comme la Suède, la Finlande et l’Autriche en 1995. Le nouveau siècle est arrivé et, avec lui, l’euro : une monnaie qui a permis le développement des économies européennes et qui est devenue un nouveau symbole de l’Union. Les années suivantes ont marqué l’expansion de l’UE à travers tout le continent, depuis l’entrée des PECO en 2004 jusqu’à l’adhésion de la Croatie en 2013.
Malgré des moments des crises, comme celle de 2008, la sortie du Royaume-Uni en 2020 ou la crise sanitaire de la COVID-19, il est essentiel de prendre conscience des opportunités que l’Union Européenne offre à ses citoyens. Face aux défis actuels, l’avenir de l’UE se dessine à travers la transition écologique et numérique afin de faire devenir l’Europe un continent connecté et durable. Malgré les incertitudes géopolitiques, le projet européen repose désormais sur l’idée d’une autonomie stratégique complète, c’est-à-dire, ne plus dépendre d’autres puissances les ressources naturelles, technologiques ou la défense.
Pour conclure, il faut garder à l’esprit que le projet européen est un processus en mouvement ouvert à la voix de tous ses citoyens. Avoir de points de désaccord ne signifie pas être contre l’UE ; au contraire, cela permet l’ouverture d’un espace de dialogue pour continuer à progresser ensemble. Dans un monde où des valeurs comme la démocratie ou le respect des droits fondamentaux semblent parfois devenir secondaires, il me paraît pertinent de se rappeler la grande chance que nous avons de vivre au sein de l’Union européenne.
Pour plus d’informations : Histoire de l’Union Européenne.
Article écrit par Marta Morano Bote volontaire espagnole avec le programme du Corps Européen de Solidarité.