Souvent perçues comme strictement locales, les élections municipales s’inscrivent pourtant dans une dynamique institutionnelle plus large. À l’échelle de l’Union européenne, les régions et collectivités territoriales occupent une place stratégique, notamment à travers le principe de « subsidiarité* » et le rôle du Comité européen des Régions.
Les élections municipales se rapprochent et beaucoup de personnes se posent des questions par rapport au futur de ses villes et régions. Même si le futur des élus français est en jeu dans les prochains mois, ce n’est pas l’unique cas en Europe. Par exemple, en Pays Bas, République Tchèque ou Allemagne les votes municipales auront lieu aussi dans cette année 2026.
Bien qu’il soit courant de penser que ce type d’élections n’ont aucune relation avec la dynamique internationale ou européenne, en vérité la liaison entre eux est plus fort qu’on ne peut l’imaginer. Il s’agit, par conséquent, d’un vote où les citoyens peuvent choisir des élus proches d’eux et qui ont la possibilité de s’exprimer dans différentes organisations et forums.
Dans le cadre de l’Union européenne, l’importance des régions se trouve aussi dans sa propre nature et, selon moi, est essentiel pour le futur de l’organisation tant au niveau régional qu’au niveau mondial. Ce n’est pas un hasard que dans son programme officiel pour la présidence du Conseil de l’Union européenne, le gouvernement de Chypre a mis l’accent sur la relevance des régions pour garantir une Europe véritablement autonome internationalement. De son côté, les institutions européennes avec pouvoir législatif (le Parlement, le Conseil européen et la Commission européenne) ont aussi fait attention aux régions et l’importance du renforcement de la qualité de vie des citoyens à travers sa compétitivité.
Également, entre les principes qui doivent être respecté par l’Union européenne à l’heure de mettre en place ses politiques se trouve celui de la « subsidiarité ». Qu’est-ce que ça veut dire ? En bref, ça signifie que les décisions doivent être fait le plus proche des citoyens au niveau européen, notamment quand le 70% de sa législation a un impact direct au plan régional ou local. A cet égard, les régions sont bien écoutées dans l’Union européenne de différentes façons.
Tout d’abord, en 1993, après l’approbation du Traité du Maastricht, ils ont créé deux organes consultatifs supplémentaires pour inclure la voix des différents groupes de la population européenne dans le processus de décision : le Conseil Economique et Social et le Comité des Régions. Tandis que le premier se concentre sur les acteurs sociaux et économiques de la société comme les entreprises, le deuxième est le forum dans lequel les régions, les municipalités et les villes ont l’opportunité de s’exprimer.
Constitué de 329 membres – et 329 suppléants qui siègent à Bruxelles, le Comité des Régions joue un rôle principal dans l’articulation du droit européen. Le Comité des Régions doit être consulté de manière obligatoire quand il s’agit des affaires sur l’éducation, la culture ou la santé publique, entre autres. Pour garantir la démocratie et la légalité au sein du Comité, le nombre de membres par pays est choisi selon la population de chacun. En effet, cela explique que l’Allemagne, la France et l’Italie disposent de 24 représentants et que, par contre, Malte n’en compte que 5.
Par rapport à la représentation française, elle est composée de 12 membres associés aux régions, 6 qui représentent les départements et 6 les municipalités. Ils sont choisis par le Premier Ministre Français après les propositions faites par les associations locales et les autorités régionales et ils changent tous les 5 ans. Actuellement, c’est le maire de Coulaines, Monsieur Rouillon, l’unique sarthois au Comité.
Enfin, même si l’on pense parfois que nos votes municipaux n’ont qu’un impact local, ils peuvent en réalité influencer la construction des règles européennes. À travers les régions, nous participons à façonner l’Europe, et c’est en prêtant attention à ces décisions locales que nous pouvons avancer ensemble vers un avenir commun !
Pour plus d’informations : Qu’est-ce que le Comité européen des régions ?
* subsidiarité : Il vise à garantir que les décisions sont prises au niveau le plus proche du citoyen et que des vérifications sont effectuées en permanence pour s’assurer que toute action au niveau de l’Union européenne (UE) est justifiée au vu des possibilités existant aux niveaux national, régional ou local.
Article écrit par Marta Morano Bote volontaire espagnole avec le programme du Corps Européen de Solidarité.