11 janvier 2017

La Vrrroumanie – épisode 8

Il y a une bonne dizaine d’années, je savais que je pouvais bien rigoler devant la télé en regardant l’émission roumaine « Les enfants disent des espiègleries ». Elle avait comme devise « Mieux vaut qu’ils les disent plutôt qu’ils les fassent ». Ion Creangă – soit Nică a Petrii, signifiant Nică, le fils de Petre -, venu à ma rencontre toujours via les cassettes audio, était prêt à dire des coquineries, et à en faire. Et il en a fait comme quatre… Sa façon d’en parler fait les délices de ceux qui ont lu ou écouté ses « Souvenirs d’enfance ».

Ion Creangă, conteur roumain d’inspiration populaire, était le fils d’un commerçant dans le village moldave de Humuleşti. Ses origines et la philosophie de vie de son père « Plutôt qu’en ville le dernier, sois au village le premier » semblent le vouer à un destin modeste. Sa mère, par contre, nourrit d’autres espoirs pour son fils : faire un prêtre de lui. Avant d’endosser la soutane – qu’il finira par jeter aux orties, car la vocation de prêtre ne l’attirait pas autant – il a fait les quatre cent coups.

Ion, affectueusement Ionică, encore plus tendrement Nică – voici trois noms pour désigner le même enfant dont la tête fourmille d’idées les unes plus malines que les autres. Ses rêves d’enfant ne nous étaient pas inconnus – mon frère et moi rêvions de faire la grasse matinée et de nous baigner en été plutôt que de donner un coup de main aux travaux du champ, tout comme Nică… Enfants qui auraient bien voulu jouer au lieu de ramasser le foin à la campagne, nous écoutions ces cassettes audio à bout de souffle. Est-ce que Nică réussira à ne pas se faire attraper et gronder par les grands ?

Dans un des plus croustillants de ses récits, « La huppe dans le tilleul », les grands ne tardent pas à l’attraper et à le punir… à leur façon. Voyons comment. La huppe de Humuleşti servait de réveil-matin pour tout le village. Lui vint alors à l’esprit plusieurs idées : et si l’horloge arrêtait de gâcher mon sommeil ? Et si je l’attrapais et la vendais pour enfin pouvoir dormir ? Une bonne idée n’est-ce pas ? Ainsi, ni une ni deux Nică se retrousse les manches, alterne corvées et chasse à la huppe, qu’il attrape et cache dans le grenier pendant quelques jours. Il profite ensuite d’un moment d’inattention de la part de ses parents et part à la foire vendre le maudit réveil-matin à plumes. Un vieux bonhomme, rusé comme tout, fait semblant de vouloir l’acheter mais hélas ! lâche l’oiseau avant que le garçon n’ait le temps de réagir. Il a beau faire le dur, le vieillard lui rappelle que les villageois chagrinent à cause de la huppe manquante et que son père aura enfin la confirmation de ses doutes : c’était bien Nică qui l’avait volée. Face à une telle menace, notre héros n’a qu’à rentrer chez lui. Déception et colère contre l’homme astucieux s’envolent quand il entend que la huppe est bien dans son tilleul et quand sa mère prend sa défense devant ceux qui le soupçonnent d’avoir à faire à cette histoire.

Le récit des souvenirs de Creangă chatouille l’imagination des enfants qui ont partagé ses espoirs ou désespoirs et attendrit les cœurs des « grands » qui, dans des moments d’honnêteté, sont prêts à avouer qu’ils n’ont pas été toujours sages…  Des (més)aventures, de l’humour, des émotions qui peuvent toucher quiconque, voici la recette d’une histoire inoubliable !

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