28 avril 2017

La Vrrroumanie – épisode 16

Puisque nul n’est censé fuir les vacances, moi j’ai pris bien volontiers les miennes et je me suis envolée en Roumanie, d’où ma présence  fort réduite pour notre série vrrroumaine. « Dis donc, Olimpia, as-tu mangé tes bonnes sarmale et as-tu préparé le bon gâteau aux pommes pour ta famille ? », vous pourriez me demander. Oui et oui.

A ma grande joie, le printemps commence à s’installer, timidement, c’est vrai, mais sûrement au Mans. Et en Roumanie aussi, quoique un peu de neige est tombée juste après mon départ vers la France ! Quand on dit printemps – primăvară en roumain – on dit aussi été – vară en roumain. Et ce ne sont pas seulement les partiels qui arrivent en été, mais aussi les festivals, fort nombreux dans les villes étudiantes, peut-être pour récompenser tout jeune ou moins jeune ayant survécu à la période d’examens ou au travail…

Quand il s’agit de festivals, les Clujois – d’origine ou d’adoption – ainsi que les routards qui ont atterri au cœur de la Transylvanie, ont l’embarras du choix. Commençons  par mes festivals coup de cœur ! Ça vous dit, un tour de force dans le cinéma contemporain roumain et international ? Faire un grand festival de jazz dans le joli parc municipal et dans les rue de Cluj-Napoca ? Ou bien s’éloigner un peu de la ville et passer des nuits électriques dans l’enceinte d’un ancien château ? Musique électronique,  expérimentale,  rock n’ roll, dance, ou bien encore jazz, ces styles trouvent toujours leur place à Cluj et aux alentours.

Retour à mes coups de cœur : le TIFF – le Festival International du Film de Transylvanie.

Bien qu’encore assez jeune (la première édition du festival eut lieu en 2002), le TIFF est à présent l’un des plus importants festivals de film de l’Europe centrale et de l’est. Débuté fin mai 2002 à l’initiative d’une équipe de jeunes rassemblés autour du réalisateur Tudor Giurgiu et du critique de cinéma Mihai Chirilov, il sert aussi de tremplin pour des réalisateurs de la nouvelle vague roumaine, comme Cristian Mungiu ou Corneliu Porumboiu.

Pour que d’autres gens que les Clujois profitent de ce festival, depuis 2007 une partie des films sélectionnés et projetés par le TIFF sont repris dans la ville de Sibiu, dans le cadre d’un projet itinérant appelé de manière suggestive la Caravane du TIFF.

Comme tout grand festival, le TIFF comprend plusieurs sections dédiées aux longs et aux courts métrages, ainsi que des ateliers de création, des conférences et, bien sûr, des fêtes ! Parmi les sections, notons la compétition pour le Trophée Transilvania – longs métrages réalisés par des jeunes au début de leur carrière-,  les sections dédiées aux longs métrages ayant reçu de prix prestigieux internationaux, aux films provocateurs et d’avant-garde, aux longs et courts métrages fantastiques et d’épouvante. Les journées du film roumain, les courts métrages, documentaires etc. font également partie des sections parallèles créées par le Festival.

Depuis sa création et jusqu’à son édition la plus récente en 2016, le prix pour l’ensemble de sa carrière a été octroyé aux personnalités du cinéma, telles que Sophia Loren, Nastassja Kinski, Claude Lelouch, Géraldine Chaplin, Wim Wenders, Catherine Deneuve, Claudia Cardinale, pour n’en citer que quelques-unes.

En quoi ce festival est-il si attirant aux yeux des jeunes ? A part le programme riche en découvertes, films, spectacles, rencontres, ils peuvent apporter leur pierre à cet édifice cinématographique ! Comment ? En se portant volontaire – ils auront là aussi l’embarras du choix, car il y a des missions pour tout un chacun !

Le TIFF est particulièrement intéressant pour les francophones et cela parce que, pendant toute la durée du festival, les 7 jeunes sélectionnés pour faire partie du Jury Jeune Francophone TV5 Monde seront chargés de visionner et juger les films francophones du TIFF, pour ensuite délibérer afin de remettre le prix du meilleur film francophone. Celui-ci est annoncé lors du gala de clôture du TIFF et recevra l’aide de l’Institut français et de TV5 Monde à la diffusion en Roumanie.

Le bilan officiel de l’édition 2016 ? 79 000 billets vendus ; 284 films de 64 pays ; 400 projections ; 1100 réalisateurs, acteurs, distributeurs, producteurs ; 330 volontaires. Mon bilan ? Une bonne dizaine de films regardés en pleine période d’examens (Jury Jeune Francophone oblige), plein de belles rencontres, un gala de clôture digne d’un film, les discours ému de Sophia Loren et d’autres acteurs ou cinéastes à quelques mètres de moi et une envie de participer à ce festival encore et encore !