1 mars 2017

La Vrrroumanie – épisode 12

Vacances obligent, nous voilà ici de nouveau, impatients de reprendre le voyage en Vrrroumanie. Au menu du 1er mars : l’arrivée du printemps, une vraie fête en Roumanie !

S’il vous est déjà arrivé de recevoir un petit porte-bonheur de la part de quelqu’un et de l’accrocher fièrement à votre poitrine, ou de porter un fil tressé rouge et blanc autour de votre poignet, il ne fait aucun doute que vous êtes soit en Roumanie, soit un nostalgique du pays, et que vous avez tourné la page de votre calendrier, car c’est bel et bien en mars que l’on fait cela chez nous.

Quelle est l’histoire de cette coutume printanière roumaine ?

Depuis des siècles, le présent que l’on s’offre au printemps visait à faire plaisir à son ami(e), son amoureuse, sa mère ou ses sœurs en leur offrant un petit sujet porte-bonheur accompagné de fils tressés rouge et blanc. Le rouge représente l’hiver et le blanc le printemps qui s’annonce avec l’apparition de la perce-neige, fleur symbolique du renouveau.

Selon les découvertes archéologiques, le premier jour du printemps était fêté depuis belle lurette déjà. A l’époque des Daces, le mărțișor était constitué des cailloux peints en rouge et en blanc, enfilés sur un fil. Les Daces considéraient que ces amulettes apportaient la fertilité et la beauté en prévenant les brûlures causées par le soleil. Elles étaient portées jusqu’au moment où les arbres fleurissaient et puis elles étaient attachées aux branches florissantes. Par le passé, une monnaie rattachée à un fil de laine, blanc et noir était également un mărțișor. Elles étaient portées au cou ou au poignet, devant s’appeler plus tard « mart » ou « martigus ».

Ce porte-bonheur s’accompagne généralement d’autres symboles synonyme de chance, tels que le trèfle à quatre feuilles, le fer à cheval, le vannier, etc. C’est ainsi que le 1er mars, les hommes offrent aux jeunes filles et femmes (proches ou appréciées) des mărțișoare (pluriel de mărțișor), dont on dit qu’ils ont un rôle protecteur, apportant le bonheur et la chance. En Bucovine, ainsi que dans ma ville natale de Transylvanie, ce sont les femmes qui offrent des porte-bonheur aux hommes le 1er mars.

Dans la culture populaire, quand on dit mărțișor on dit aussi babele – les vieilles femmes. Cette coutume fait partie du rituel de renouvellement des saisons. Du 1er  au 9 mars, les femmes, les enfants et les jeunes choisissent un de ces jours en l’appelant leur « vieille ». S’il fait beau le jour de leur choix, on dit qu’ils auront une année prospère, heureuse et tranquille ! Si par contre le jour choisi le temps est mauvais, la pauvre personne n’aura qu’à se préparer mentalement à une année difficile. Derrière cette tradition se trouve la croyance qu’en début de printemps le temps est aussi instable que l’esprit des vieilles femmes…

Ainsi, si bricoler un mărțișor n’est pas chose facile pour vous et si le fil tressé rouge et blanc n’est pas encore attaché à votre poignet, il y a cependant un moyen de vous vrrroumaniser : en choisissant votre vieille femme et en espérant que la (belle) journée de votre choix donnera le ton pour cette année.

Martie fericit tuturor!

Olimpia

P.S. Pour retrouver l’ensemble des (vrrr)épisodes, il suffit de cliquer ici.