Retour sur les 10 priorités Juncker – L’énergie et le climat

Focus sur l’Union de l’énergie et du climat

La Commission Juncker s’est fixée, durant son mandat de 5 ans qui court jusqu’en 2019, dix priorités d’actions pour l’Union européenne et ses citoyens.

L’une de ses priorités, l’Union de l’énergie et du climat, a pour objectif de permettre à l’Union européenne de disposer d’une « énergie sûre, abordable et respectueuse du climat ». Selon la Commission européenne, la ligne de conduite suivie pour atteindre cet objectif est adossée à la réalisation de deux facteurs : d’une part, une utilisation plus rationnelle de l’énergie, d’autre part, la lutte contre le changement climatique.

La Commission européenne est convaincue que ces deux vecteurs créeront des emplois, stimuleront la croissance et représenteront un investissement dans l’avenir de l’Union. Dans son discours sur l’Etat de l’Union de 2017, Jean-Claude Juncker rappelle que « l’Union de l’énergie est essentielle pour moderniser l’économie de l’Europe » en ce sens qu’elle « donnera un coup de fouet à l’emploi et à la croissance, placera la recherche et l’innovation au cœur de notre avenir et préparera notre industrie à soutenir les engagements de l’Europe en matière de climat ».

Dans la mise en oeuvre de cette priorité, la Commission européenne s’appuie sur cinq domaines d’actions intrinsèquement liés et interdépendants les uns aux autres : sur la sécurité, la solidarité et la confiance (article en anglais), sur un marché intérieur de l’énergie totalement intégré, sur l’efficacité énergétique (article en anglais), sur la décarbonisation de l’économie, et enfin sur la recherche, l’innovation et la compétitivité (article en anglais).

Les objectifs à atteindre fixés par la Commission sont notamment de :

  1. Mettre les ressources en commun, connecter les réseaux et unir nos forces lors des négociations avec des pays non membres de l’UE,
  2. Diversifier les sources d’énergie afin que l’Europe puisse rapidement se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement si le coût politique ou financier des importations en provenance de l’Est devient trop élevé,
  3. Aider les pays de l’UE à devenir moins dépendants des importations d’énergie,
  4. Réduire la consommation énergétique de l’Europe d’au moins 27 % d’ici à 2030,
  5. S’appuyer sur l’objectif de l’UE de diminuer les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici à 2030,
  6. Faire de l’UE le numéro un mondial des énergies renouvelables et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Sur ce point, Jean-Claude Juncker a fait état de l’avancement de cette priorité dans son discours sur l’Etat de l’Union de 2017. Des avancées et des perspectives pour l’avenir sont à relever. A titre d’exemples, la ratification par l’Union européenne de l’Accord de Paris sur le climat en octobre 2016, symbole de l’engagement de l’Union de réduire ses émissions de 40 % d’ici à 2030, l’investissement d’1,7 milliard d’euros dans 96 projets d’infrastructures dans le secteur de l’électricité, des réseaux intelligents et du gaz, dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, ou encore le renforcement de la conformité avec le droit de l’Union, des accords intergouvernementaux dans le domaine de l’énergie.

Enfin, à l’occasion de l’Energy Union Tour, le Vice-président chargé de l’Union de l’Energie au sein de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, s’est rendu à Bordeaux début octobre pour un dialogue citoyen sur l’Europe et la transition écologique (à voir ou revoir ici).

En marge de son déplacement, Maroš Šefčovič a rappelé que « la Commission européenne et la France ont une vision commune et un objectif partagé : être à l’avant-garde de la transition énergétique » et insisté sur le fait que l’Union européenne et la France peuvent ensemble « œuvrer à la rénovation thermique des bâtiments, à l’essor des interconnexions, à des transports plus propres, à moins de pollution de l’air, à la transition des territoires, et à l’appropriation de cette transformation par tous les citoyens ».

En conclusion, la Commission européenne a fait de cette priorité l’une des rampes de lancement de la modernisation de son économie qui deviendra de fait plus « durable, sobre en carbone et respectueuse de l’environnement » avec comme but ultime de faire « de l’Europe le numéro un mondial de la production d’énergies renouvelables et de la lutte contre le réchauffement climatique ». L’Union de l’énergie sert donc d’outil fondamental pour garantir la libre circulation de l’énergie ainsi qu’un approvisionnement en énergie pour tous les Etats membres et citoyens de l’Union.

La Commission européenne mise sur cette priorité pour permettre de réduire les coûts pour les citoyens, créer de l’emploi ainsi que développer de nouvelles compétences par l’accroissement exponentiel des nouvelles technologies et des infrastructures modernisées. D’autre part, la Commission estime que les entreprises bénéficieront de cette politique prioritaire en terme d’exportations et de croissance stimulée.

 

Article publié le 25/10/2017