Parlons de politique de cohésion avec Vanessa Charbonneau

Quelle importance pour la Région Pays de la Loire ?

En tant que Vice-présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, et Vice-présidente des Affaires Européennes, Vanessa Charbonneau a accepté de répondre à trois de nos questions concernant la politique de cohésion en Région Pays de la Loire.

La politique de cohésion est-elle importante pour la Région Pays de la Loire ? Comment participe-t-elle au développement économique régional ?

 » La politique de cohésion joue un rôle essentiel pour le développement de la Région Pays de la Loire. Sur la période 2014-2020, les fonds européens structurels et d’investissement (FESI) représentent environ 850 millions d’euros. Concrètement, en Pays de la Loire, les FESI permettront notamment : d’augmenter le nombre de chercheurs, d’emplois créés et de centres de recherche ; d’augmenter le nombre de foyers (de 3,8 % à 100 %) raccordés au réseau à très haut débit ; de soutenir la création de nouvelles entreprises (de 22 168 à 41 879) ; d’augmenter la proportion d’énergie renouvelable utilisée ; de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie ; d’investir à tous les niveaux de l’éducation et augmenter le taux de jeunes dans l’enseignement supérieur et la formation professionnelle supérieure.

Il est en tout cas indéniable que cette politique est cruciale pour le développement de nos territoires. Sans les FESI, c’est un nombre très important de projets d’investissements qui n’auraient pas pu voir le jour sur nos territoires, comme le souligne une évaluation que nous avons lancée sur notre approche territoriale, et dont nous venons d’avoir les résultats. Le programme FEDER-FSE pour la Région Pays de la Loire permet ainsi de créer une économie dynamique pour placer la région parmi les plus développées d’Europe et contribuer à la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive. Elle rend également plus visible et plus concrète l’intervention de l’Union européenne auprès de nos citoyens.

Il est néanmoins nécessaire de s’investir dans un travail sur l’optimisation de la gestion des fonds européens. Le meilleur argument pour défendre la politique de cohésion est en effet de démontrer son utilité par une bonne consommation des fonds et le soutien à des projets de qualité.  »

A l’heure de la réflexion du budget européen pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), qu’attendez-vous de la future politique de cohésion dans les choix budgétaires réalisés au niveau de l’Union européenne ?

 » Compte tenu de l’importance de la politique de cohésion pour notre région, nous appelons à une politique de cohésion forte pour toutes les régions et modernisée pour mieux exploiter son potentiel. Toutefois, dans sa communication sur le futur du budget, la Commission européenne a présenté des scénarios alarmants pour l’avenir de cette politique essentielle pour le développement de nos territoires. Il était en particulier très inquiétant que la Commission européenne envisage, comme une des orientations possibles pour l’après 2020, la fin pure et simple de la politique de cohésion dans une majorité des pays européens.

Dans ce contexte, il nous a semblé essentiel que la région Pays de la Loire se mobilise, aux côtés des autres régions européennes, afin de faire part à la Commission européenne de nos inquiétudes quant à l’avenir de cette politique. Si nous sommes conscients des prochains arbitrages budgétaires qui vont devoir nécessairement être réalisés, en raison du Brexit et de l’émergence de nouvelles priorités sur lesquelles l’Union européenne doit s’investir (défense, immigrations, etc.), nous avons avec l’ensemble des régions de France mais aussi un grand nombre de régions européennes, demandé que la politique de cohésion ne devienne pas la variable d’ajustement du futur budget européen.

A l’approche de la publication le 2 mai du prochain cadre pluriannuel, nous avons été rassurés par la Commission européenne qui a confirmé que la politique de cohésion continuerait à intervenir sur les régions développées telles que les Pays de la Loire. Les gouvernements nationaux ont également réaffirmé l’importance de cette politique pour les territoires. En tout état de cause, il est indéniable que même les régions les plus développées ont besoin de soutien à l’investissement. « 

En tant qu’élue régionale, comment défendez-vous les intérêts de la région à Bruxelles ?

 » Afin de défendre les intérêts de la région à Bruxelles, nous nous appuyons sur tout un ensemble de réseaux ou d’acteurs. En particulier, afin d’assurer une plus grande visibilité de la région à Bruxelles, nous avons décidé de restructurer et renforcer le Bureau de représentation des Pays de la Loire à Bruxelles afin, notamment, d’accroître les synergies entre les acteurs. Le Bureau est ainsi passé d’une structure interrégionale à une structure intrarégionale et se compose désormais d’une équipe de 8 personnes mobilisées sur les thématiques prioritaires de la région (industrie, transport, numérique, agriculture, agroalimentaire, santé/biothérapie, pêche/aquaculture, éducation formation, etc.).

L’objectif est que le Bureau soit plus offensif sur la recherche d’opportunités pour les acteurs ligériens, plus engagé dans le travail de lobbying auprès des institutions européennes, plus présent dans les cercles d’influence publics et privés bruxellois et plus actif dans le soutien concret aux porteurs de projets. Pour atteindre ces objectifs, le Bureau de Bruxelles travaille en étroite coopération avec la Direction des Politiques Européennes de la Région pour mettre en place une véritable dynamique européenne sur le territoire ligérien.

La Région s’appuie également sur d’autres réseaux tels que la Commission Arc Atlantique, dont elle a d’ailleurs la Présidence depuis juin 2016, moyen puissant de s’assurer que les politiques européennes soient mieux adaptées à sa spécificité territoriale maritime. A titre d’exemple, nous avons récemment eu l’occasion de rencontrer Michel Barnier, en charge des négociations sur le Brexit ainsi que le Commissaire européen Karmenu Vella.

La Commission Europe de Régions de France nous permet également d’adopter des positions communes avec les autres régions françaises et d’organiser des réunions à haut niveau ici encore pour faire passer les bons messages. Par ailleurs, la bataille sur l’avenir du budget se jouera au Conseil. En tant que représentants de milliers de citoyens, nous devons nous faire entendre auprès de nos gouvernements respectifs pour rappeler l’importance de la politique de cohésion qui ne saurait faire les frais du Brexit ou de la volonté des Etats membres que l’Union européenne couvre de nouvelles priorités. C’est la raison pour laquelle la région Pays de la Loire a récemment adopté un vœu rappelant l’importance de cette politique pour nos territoires. « 

Si vous souhaitez plus d’informations sur l’intervention de la région en Europe, ou êtes porteur d’un projet et souhaiteriez bénéficier de fonds européens, rendez-vous ici.

Article publié le 03/05/2018