La Garantie Jeunes favorise l’accès à l’emploi des jeunes Sarthois

La Garantie Jeunes en Sarthe

La Garantie Jeunes (présentée en détail dans un précédent article) est accessible à tous les jeunes Sarthois depuis le 1er janvier dernier. Pour comprendre comment ces derniers peuvent en bénéficier, la Maison de l’Europe a posé quelques questions à Etienne Lagarrigue, adjoint de direction pour l’emploi à la Mission locale du Mans, et responsable du dispositif de la Garantie jeunes. Expérimentée dès 2013, elle a été généralisée à l’ensemble de la France le 1er janvier 2017.

Etienne Lagarrigue, responsable de la Garantie jeunes au Mans

Etienne Lagarrigue, est adjoint de direction à la Mission locale. Il est responsable depuis septembre dernier du dispositif Garantie jeunes, et est à la tête d’une équipe composée de dix conseillers, deux administrateurs, d’un chargé de projet et d’une assistante administrative. Des bénéficiaires manceaux* de la Garantie jeunes ont également accepté de témoigner.

Quel rôle joue la Mission locale du Mans à l’égard de la Garantie jeunes ?

E. Lagarrigue : « La Mission locale du Mans accompagne les jeunes. Elle les accueille, évalue leur éligibilité et aide à monter leurs dossiers. Elle représente l’Etat dans le contrat signé avec le jeune qui s’engage à participer activement aux démarches de recherche d’emploi. Le jeune bénéficie en retour d’une allocation mensuelle de 470 euros. La Mission locale le prépare aussi par exemple à gérer ce nouveau budget. Le bénéficiaire de la Garantie jeunes a donc le droit d’être accompagné, mais il s’engage aussi à respecter certains devoirs, décrits dans un règlement intérieur. Comme dans les entreprises. »

Magali*: « J’ai découvert la Garantie Jeunes via ma conseillère de la Mission Locale. C’est un dispositif mis en place pour l’aide aux jeunes comme l’allocation, pour ceux qui n’ont pas le droit au RSA, un accompagnement plus précis dans les démarches de recherches d’emplois et un accès aux outils plus simplifié. »

E. Lagarrigue : « La Mission locale de l’agglomération mancelle accompagnait au total quelques 7000 jeunes en 2016, dont 450 bénéficiant de la Garantie jeunes. Ce nombre réduit permet de favoriser un suivi individuel des jeunes par les conseillers. En 2017, 480 d’entre eux bénéficieront du dispositif. soit 48 nouveaux bénéficiaires s’engageant chaque mois. Le processus dure un an. Le but de la Garantie Jeunes est d’obtenir un emploi durable, ou une qualification, à la fin de cette période. Il s’agit sinon de multiplier les expériences pratiques dans cette perspective. »


Depuis septembre 2015, 1216 jeunes Sarthois sont entrés accompagnés grâce à la Garantie Jeunes : soit 224 via la Mission locale Sarthe Nord, 319 pour celle de Sarthe et Loir et enfin 673 pour l’agglomération mancelle). Source : Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi


Quel est le profil des jeunes bénéficiaires?

E. Lagarrigue : « Le critère principal de la Garantie jeunes est d’être NEETs, soit avoir moins de 25 ans et n’être ni en emploi, ni en formation ni en étude. Ces jeunes sont particulièrement vulnérables sur le marché de l’emploi, et manquent souvent d’expérience pour être embauchés. Le manque de ressources propres et la précarité sont aussi des facteurs d’attribution.  Ces jeunes sont enfin également souvent limités dans leur déplacement, en moyenne 90% d’entre eux n’ont pas le permis de conduire. Concernant le niveau d’étude, si 87% ont bien un niveau CAP-BEP ou inférieur, la Garantie jeunes reste ouverte à tous. »

Comment se déroule l’accompagnement des jeunes?

E. Lagarrigue : « Les conseillers accompagnent et conseillent les jeunes bénéficiaires sur leur projet professionnel pendant un an. Ce travail va prendre la forme de rencontre avec les professionnels, de réalisation de stage, de missions d’intérim etc.. Chaque mois, la Mission locale accueille moins d’une cinquantaine de nouveaux jeunes. L’accompagnement se déroule en deux phases sur l’année: une première phase collective, suivie d’une phase individuelle. La phase collective dure six semaines, pendant laquelle des groupes de douze bénéficiaires vont participer à des ateliers sur la rédaction de CV, la préparation d’entretien, les techniques de recherche d’emploi, le ciblage des entreprises, le marché de l’emploi, sur la gestion de leur budget ou la manière de chercher un stage. Ces ateliers sont animés en partie par des professionnels. Ils visent à donner des conseils pratiques aux jeunes. Ces six semaines aboutissent pour le jeune à rédiger un plan d’action. »

Magali*: « Je m’attendais à ce que la Garantie Jeunes soit sur le même modèle que Pôle Emploi. J’entends par cela qu’il y ait au moins quelques entretiens d’embauche qui nous soit dénichés, ou même imposés, pour aider les personnes qui ont le plus de difficultés à en trouver. On nous donne des outils de recherches, mais le plus important reste la prise de contacts. »

Et après cette période, le bénéficiaire devient autonome dans sa recherche?

E. Lagarrigue : « La phase suivante se poursuit sur dix mois. Le jeune va régulièrement voir son conseiller, seul ou en petits groupes, plusieurs fois par semaine. Le rôle du conseiller est alors de guider le jeune dans son autonomisation progressive. Il s’occupe également du suivi des démarches entamées par le jeune, il aide ce dernier à réguler les choses. L’accompagnement à ce moment-là est personnalisé, chaque jeune bénéficie d’un suivi par son propre conseiller.

En fonction de leur projet, les bénéficaires de la Garantie jeunes seront orientés vers des entreprises de tout secteur, issue de l’industrie, des services etc…, mais toujours dans le bassin de l’emploi local. Afin de faciliter la mobilité des jeunes, la Mission locale s’associe avec des entreprises partenaires, comme Carbur’emploi, afin d’offrir des services de location de scooters aux jeunes par exemple. »

Cécile*: « Pour moi tout a été très vite.Je suis arrivé au Mans en mai 2016. et suis rentrée à la garantie jeunes en septembre, et j’ai rapidement trouvé un travail. J’ai été conseillée par Pôle Emploi. Ma conseillère à la Mission locale m’a aidé à monter mon projet. »

E. Lagarrigue :  » Lors de la première année d’expérimentation de la Garantie Jeunes, entre 2015 et 2016, l’objectif de sortie positive était de 50%. Une sortie positive correspond à l’obtention d’un CDD de plus de six mois ou bien d’un CDI. 53% des jeunes cette année-là ont remplis cet objectif. En 2016-2017 la Mission locale du Mans vise 60% de sortie positive. »

L’Union européenne cofinance la Garantie Jeunes. Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

E. Lagarrigue : « La Garantie jeunes est financée en partie par des Fonds européens. Par nature, ce sont des financements très exigeants au niveau administratif, et particulièrement chronophage. Le Fond Social Européen (FSE) demande par exemple beaucoup de preuve concernant le jeune à l’entrée, pendant et à la sortie de la Garantie jeunes. Ce financement implique aussi une obligation de publicité, d’où la présence des logos du FSE et de l’Union européenne. Concrètement pour le jeune par contre, la mobilité européenne ou la perspective d’emploi dans les pays de l’Union Européenne n’est pas une priorité de la Garantie jeunes, ni des attentes des bénéficiaires. »

Cécile*: « Je ne savais pas que c’était l’Union européenne qui finançait. Je pense que c’est bien que l’Union européenne aide les jeunes. Après tout, les jeunes c’est l’avenir. »

Où se renseigner sur la Garantie jeunes?

E. Lagarrigue : « La Mission locale de l’agglomération mancelle est joignable via son site Internet, sa page Facebook, mais aussi directment à l’accueil, aux sites d’Allonne, des quartiers Sud ou aux permanences dans les communes proches du Mans. Pôle Emploi réoriente également les demandes de Garantie jeunes vers la Mission locale. »

Nous remercions Etienne Lagarrigue pour nous avoir accordé cet entretien, tout comme les bénéficiaires qui ont accepté de témoignager.

*Ces prénoms ont été modifiés