L’Europe en détention

Les élections : un devoir civique pour tous

C’est une petite révolution. En mai 2019, pour les élections européennes, les personnes détenues pourront voter par correspondance depuis leur prison. Cette possibilité s’ajoute aux votes par procuration et avec permission de sortie qui resteront toujours possibles. A la Maison d’Arrêt Le Mans – Croisettes, une trentaine de personnes en détention s’est portée volontaire, mercredi 13 mars 2019, à une session d’information sur le fonctionnement de l’Union européenne et des élections 2019.

En 2019, la Ligue de l’enseignement Pays de la Loire et les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) de la Sarthe ont fait appel à la Maison de l’Europe / Europe Direct pour mener des formations à la Maison d’Arrêt du Mans. Un premier atelier de sensibilisation s’est tenu le 13 mars où dans une salle de la zone socioculturelle, intervenants et participants ont longuement échangé sur la construction de l’Union européenne, sur les apports concrets de l’Union dans la vie des citoyens mais aussi sur le rôle du Parlement européen.

Alors que certaines personnes détenues ont déjà un avis bien tranché sur le fait européen, qu’il soit négatif ou positif, d’autres sont venus découvrir, s’informer et poser leurs questions : « Qui élit-on ? », « Comment voter en prison ? », « Quel est le rôle d’un député européen ? ».

En fin de séance, des personnes détenues ont fait leur choix « je voterai cette année, c’est important » tandis que d’autres réservent encore leur décision « je vais prendre les documents d’information et réfléchir si je m’inscris sur les listes électorales ».

Pour cette année 2019, les personnes détenues pourront continuer de voter par procuration (sauf dans le cas où leurs droits civiques auraient été retirés pour des raisons judiciaires) ou directement dans la Maison d’Arrêt puisque des urnes seront installées pour le scrutin. Une nouveauté dans le milieu carcéral qui devrait aider à pallier au faible taux de participation enregistré lors des dernières élections ou seuls 2 % des personnes en détention en France ont voté. C’est pourquoi en octobre dernier 2018, la ministre de la Justice Nicole Belloubet annonçait l’instauration du vote par correspondance dans les prisons.

Article publié le 28/03/2019